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Mer 2 Sep - 19:33
LA LÉGENDE DE LA GARGOUILLE


La gargouille, depuis plusieurs siècles, orne château, cathédrale et autres bâtiments de pierre. L’imagination fantastique de l’homme à su lui attribuer vie. Une légende, sans doute fort éloignée des réalités historiques, nous conte l'origine des gargouilles. Un dragon ailé, le cou long et à l'aspect terrible hantait les rives de la Seine. Crachant le feu et la désolation autour de lui, il terrorisait les habitants de la ville voisine (Rouen) qui en étaient venu à lui sacrifier une victime chaque année afin de se concilier ses bonnes grâces. En l'an 520, un prêtre du nom de Romain, entreprit de libérer Rouen des tourments de La Gargouille, si les habitants se faisaient baptiser et qu'une église y soit érigée. La Gargouille fut vaincue par le signe de la croix et mise au bûcher. Alors que la bête se consumait, sa tête et son cou, endurcis par son feu intérieur ne brûlèrent pas et furent exposés sur les remparts de la ville, servant ainsi de modèle à ce qui allait devenir par la suite "la grande cohorte des gargouilles". Un texte de 1826 répertorié sur le site de la "Collection électronique de la Bibliothèque Municipale de Lisieux" retrace une semblable histoire. L'histoire se présente sous la forme d'une complainte en 32 couplets, alors fort en vogue à cette époque. Voici "Histoire véritable de la Gargouille


LA FÊTE DE LA GARGOUILLE (à Rouen)

Cette fête, célébrée à Rouen, était l'une des plus anciennes de la Normandie. Elle portait aussi le nom de privilège de la Fierte, et voici son origine, suivant le P. Pommeraie :

« Il se forma, dit cet historien, un horrible serpent dans un lieu marécageux, proche de la ville de Rouen, qui faisait d'épouvantables désordres ; il surprenait et dévorait les hommes, il tuait les chevaux, il corrompait l'air par son haleine pestilente ; et, tout seul qu'il était, il portait l'alarme et le ravage dans le pays voisin de ce marais, ainsi qu'eût pu faire une troupe d'ennemis. Les habitants de la ville ne sachant par quel moyen se défaire de ce dragon qui leur faisait la guerre depuis plusieurs années, eurent recours à saint Romain, évêque de Rouen. Ce charitable et généreux pasteur, à qui les plus hautes entreprises semblaient aisées quand il s'agissait de défendre son troupeau, les consola et leur promit de les délivrer de ce furieux adversaire. Le dessin était grand et relevé ; mais la manière dont il l'exécuta rendit encore cette action plus illustre et plus éclatante, car il ne voulut pas si simplement vaincre et tuer ce monstre, mais il entreprit même de le faire publiquement, comme pour lui faire faire réparation de toutes les cruautés Pour cet effet, il fallait s'en saisir, ce qu'il se chargea de faire lui-même ; mais ayant demandé un homme pour l'accompagner, il ne se trouva personne qui eût l'assurance d'aller avec lui. Ce que voyant le saint, il s'adressa à un misérable qui avait été condamné au dernier supplice pour des larcins et des meurtres qu'il avait commis, et le persuada de le suivre, avec promesse de le sauver de la mort qu'il avait méritée, s'il faisait hardiment et ponctuellement tout ce qu'il lui dirait. Celui-ci, qui croyait ne rien hasarder en hasardant sa vie, laquelle il était près de perdre sur un échafaud, accepta fort volontiers cette proposition. Le saint l'ayant donc pris avec soi, sortit de la ville et s'avança vers le marécage où se retirait cette bête. L'ayant aperçue, il s'approcha courageusement d'elle, et par la vertu du signe de la croix, il la désarma de sa fureur et la réduisit dans l'impuissance de rien attenter contre lui. Après cela il lui passa son étole autour du cou, et l'ayant ainsi attachée, il ordonna au prisonnier qui l'avait suivi, de la prendre et de la conduire à la ville, où elle fut brûlée en la présence de tout le monde, et ses cendres jetées dans la rivière. Le bruit de ce grand miracle s'étant répandu par toute la France, le roi Dagobert qui régnait alors, manda saint Romain pour apprendre de sa bouche les particularités de ce merveilleux événement. Le prélat s'étant transporté à la cour et ayant raconté ce prodige que Dieu avait opéré en faveur de ceux de Rouen, le roi, pour en conserver la mémoire, accorda à l'église de la cathédrale de cette ville, le droit de délivrer tous les ans un criminel le jour de l'Ascension, auquel le saint archevêque avait triomphé de ce monstre. Voilà quelle est l'origine du fameux privilège que possède la chapitre de Rouen, dont il jouit depuis tant de siècles par la piété des rois très chrétiens, des ducs de Normandie, des princes et magistrats qui ont bien voulu être les spectateurs de cette auguste cérémonie, et dont ils ont établi inviolablement le droit par leurs lettres patentes et par les arrêts donnés dans les cours souveraines. »

Ce peuple de Rouen donna le nom de Gargouille, vieux mot français qui signifie une gouttière, parce qu'on faisait alors généralement les gouttières de cette ville en forme de dragon. Lorsque Philippe-Auguste réunit à sa couronne la Normandie, il ordonna une enquête sur le privilège de la Fierte ou châsse de saint Romain, afin d'examiner s'il était digne d'être conservé. Robert, archevêque de Rouen, et guillaume de la Chapelle, châtelain de l'Arche, furent chargés de cette mission. Ils firent alors comparaître par-devant eux trois prêtres, trois gentilshommes et trois bourgeois de la ville de Rouen, lesquels déclarèrent, sous serment, que du temps de Henry et de Richard, rois d'Angleterre et ducs de Normandie, le privilège de la Fierte avait été constamment respecté. Après Philippe-auguste, les rois de France confirmèrent tous ce privilège, seulement ils exclurent de la grâce les incendiaires, les empoisonneurs, les assassins, les duellistes et les faux-monnayeurs. On conservait, dans les archives de la cathédrale, plusieurs lettres de Papes et de souverains qui s'étaient adressés au chapitre pour obtenir la grâce de plusieurs criminels.


La cérémonie de la Gargouille s'accomplissait de la manière suivante :

Le treizième jour avant l'Ascension, quatre chanoines, suivis de quatre chapelains revêtus de leurs surplis et de leurs aumusses, et ayant le bedeau de leur chapitre qui les précédait, allaient en la grande chambre du parlement, puis au bailliage et en la cour des aides, sommer les officiers du roi de surseoir à toutes procédures contre les criminels détenus dans les prisons de la ville, jusqu'à ce que le privilège de la Fierte eût reçu son effet. Les lundi, mardi et mercredi des Rogations, l'archevêque et son chapitre envoyaient deux chanoines et deux chapelains, accompagnés d'un tabellion, visiter toutes les prisons pour y examiner les détenus et recevoir leur déposition ; puis, le jour de l'Ascension, à sept heures du matin, les chanoines, prêtres et capitulaires assemblés, invoquaient la grâce du Saint-Esprit par l'hymne de veni Creator Spiritus, et faisaient serment de ne rien révéler des dépositions qui avaient été faites par les prisonniers. On les lisait alors, et, à la suite d'un long débat, on proclamait le nom du criminel qui avait obtenu les suffrages du chapitre. Ce nom était adressé, sous sceller, à messieurs du parlement qui l'attendaient en la grande chambre et en robes rouges ; et qui, après avoir pris connaissance de la décision du chapitre, ordonnaient l'élargissement du prisonnier. Celui-ci était rendu à la liberté vers les trois heures de l'après-midi, et, tête nue et les fers aux pieds, il allait au lieu où la châsse était déposée. Là il se confessait publiquement, on lui enlevait ses fers, il prenait un des brancards de la châsse que l'aidaient à porter sept autres prisonniers, la procession commençait à défiler pour parcourir la ville, et en avant de la châsse, on portait, au bout d'une perche, la Gargouille ou représentant du dragon.De retour à l'église, on célébrait la messe, malgré l'heure avancée de la soirée, et, durant l'office, le gracié s'agenouillait devant chaque chanoine pour lui demander pardon. Enfin, après la cérémonie ce gracié était conduit à la maison du maître de la confrérie de Saint-Romain, où on lui servait une collation ; et pendant qu'il y prenait part, le prieur du monastère de Bonne-Nouvelle lui faisait une brève exhortation sur la gravité de son crime et sur la faveur extraordinaire que le Souverain lui accordait à la prière de l'Eglise. C'était comme le sceau de son absolution.
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