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Le filleul de la Mort

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Jeu 3 Sep - 19:30
Bonjour!

Je viens partager avec vous une légende que j'aime beaucoup, et qui est sur l'Ankou.


Le filleul de la Mort

 


Un paysan, père d'une grande famille, eu un jour un fils de plus. Cette nouvelle lui fut annoncé par son voisin, car il travaillait aux champs. L'homme finit sa journée du mieux qu'il pu, puisqu'il avait dorénavant une bouche de plus à nourrir et, le soir tombant, se mit en route pour retourner chez lui.
Mais il ne cessait de se demander ce qu'il allait faire de ce nouveau-né: il avait déjà tellement d'enfants chez lui ! Surtout, il se questionnait sur le parrain de l'enfant: il fallait bien que ce dernier en ait un pour l'aider dans son éducation. Mais il ne pouvait pas compter sur le seigneur: cet homme-là était un être scandaleux et sa femme avait déjà eu la bonté d'être marraine de trois des aînés. Impossible aussi de compter sur les riches laboureurs du village, tous fâchés entre eux: l'un d'eux, aussi, avait déjà été parrain d'un enfant de la famille. Un des plus jeunes, une fois, avait eu la chance qu'un couple de la ville, de passage dans le pays, s'intéresse à lui.
Mais pour celui là, comment allait-il faire ?


Notre pauvre paysan continuait de marcher tout en réfléchissant, quand soudain, une ombre se dessina devant lui: il ne vit rien d'autre qu'un homme vêtu de noir, la chemise d'un blanc éclatant mais avec fort peu de dentelles aux manches et au col, le visage tenu dans l'ombre par son tricorne, mais laissant voir un sourire doux et calme.
- "Si tu le veux, moi, je serai le parrain de ton fils."
La proposition était tentante, et capable de résoudre bien des problèmes, mais le paysan hésita. Cet homme avait trop l'air d'un homme d'église et trop l'air plein de bonté. Un tel homme ne peut enseigner à un enfant la dureté du monde. Il déclina l'offre, disant à l'homme que Dieu n'était pas égal pour tous, ce à quoi l'homme en noir ne répondit rien, mais baissa un peu la tête de sorte que l'ombre de son tricorne masqua tout son visage, avant de disparaître.


Le paysan reprit donc son chemin, toujours réfléchissant à un parrain pour l'enfant, quand soudain, une autre forme se dessina devant lui. C'était un homme au bel habit rouge à passementeries d'or, qui le regardait bien en face: ses yeux étaient si petits qu'il n'arrivait pas à dire leur couleur, ses cheveux noirs tenus d'un nœud écarlate lui donnaient bel et bien l'air d'un homme du grand monde... Mais son sourire ne comportait aucune douceur mais plutôt de la cruauté.
- "Si tu le veux, moi, je serai le parrain de ton fils."
Le paysan refusa immédiatement, et l'homme en rouge eut beau lui promettre de faire de son fils un homme riche et puissant toute sa vie, il ne changea pas d'avis et s'éloigna le plus vite possible, tout tremblant. Car de toute évidence, le premier homme avait été Dieu, et celui-ci était le Diable.


La paysan approcha du village, quand une troisième forme arrêta sa route. Il reconnut tout de suite l'Ankou, car nul ne peut ne pas le connaître.
- "Si tu le veux, moi, je serai le parrain de ton fils."
Le paysan réfléchit un instant: la Mort est la même pour tous, elle est égale. Et puis... Qui connaît les vivants mieux qu'elle ?
Il accepta donc l'offre de cette dernière rencontre.
L'Ankou devint donc le parrain de l'enfant.
Et ce dernier grandit. Assez tôt, comme trop souvent dans les familles trop pauvres, l'Ankou était venu chercher ses parents mais lui, chez l'un de ses frères aînés, grandissait vite et bien.
Quand il fut temps de lui choisir un métier, l'Ankou déclara : "il sera médecin". La décision parut étrange, mais à ces pauvres paysans, il suffisait que l'enfant ait un métier et puisse subvenir à ses besoins.


L'enfant (qui était devenu un homme) devint donc médecin...
Quand il était appelé auprès d'un malade très gravement atteint, et que les autres médecins donnaient tous pour mort dans les deux, trois ou dix jours, il regardait à la tête du lit, puis au pied du lit, et si nulle part il ne voyait l'Ankou, il annonçait que le malade allait se remettre. Si l'Ankou était au pied du lit, il annonçait que la guérison serait longue et il courrait préparer ses remèdes, mais si l'Ankou était à la tête du lit, alors il annonçait que le malade était perdu.
Il fut donc très vite le meilleur médecin de la région, malgré son jeune âge, aidé ainsi pa son lien avec son parrain.
Comme toujours en pareil cas, il fut amené à soigner les plus grands seigneurs, ce qui le rendit riche et lui permit d'aider fort ses frères et ses sœurs, dont on vit les habits de fête devenir plus beaux et plus riches, un peu plus, d'année en année, au fur et à mesure que leurs troupeaux devenaient plus grands, aussi. On l'enviait, mais nul n'aurait osé s'en prendre à ce jeune homme généreux qui faisait la richesse de tout le pays.
Seulement, un jour qu'on l'avait appelé auprès d'un grand de ce monde, il fit pour la première fois ce qu'il n'aurait jamais dû faire.
(Je laisse le suspense monter ^^ )
En entrant dans la chambre, le jeune homme vit tout de suite que l'Ankou était à la tête du lit. Il s'y trouvait, juste derrière la fille du duc, qui pleurait à chaudes larmes. Les choses étaient claires: le vieil homme allait mourir, il n'avait pas à tenter de l'empêcher... Mais la jeune fille était si belle et elle avait tant de peine !
Le médecin ordonna à un valet qui était là de faire doucement déplacer le matelas, avec le duc dessus, afin que la tête soit portée là où se trouvaient maintenant les pieds.
Après quoi il se mit en devoir d'administrer au malade les remèdes convenables. Le duc se rétablit, si heureux des services de son nouveau médecin qu'il se mit à parler de lui donner sa fille et que le projet bientôt prit corps. Vous imaginez la joie et la fierté, au village ? Et surtout celle de ses frères et de ses sœurs...
Le duc étant entièrement remis, l'Ankou vint trouver son filleul.
- "C'est bon pour cette fois... Mais ne le refais jamais, ou bien c'est toi que j'emmène."
Le jeune homme promit.
Mais le lendemain, il apprit que sa promise était gravement malade. En entrant dans la chambre, il vit l'Ankou à la tête du lit. Sans attendre, le voilà qui la saisit à bras-le-corps et la tourne dans l'autre sens.



Et sans attendre, l'Ankou s'empara de lui...  


Dans cette légende, je trouve l'Ankou très sympa. Ce n'est pas la seule comme cela où la Mort ne prend pas la vie immédiatement. La personne stupide n'est autre que le filleul, qui n'a pas su écouter son parrain.
Inazu des Rêves d'Artos
Pégase
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Buffle
Pégase
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